Diabète et Ramadan
daibète et ramadan

Le jeûne du mois de ramadan peut présenter des risques, tels qu’une détérioration de l’équilibre du diabète avec la survenue des complications aigues comme l’hypoglycémie, l’hyperglycémie, l’acidocétose diabétique. Ces risques n’empêchent pas un certain nombre de diabétique à vouloir jeûner.

Avant de se lancer dans ce défi qui peut être préjudiciable à leur santé, il est important au patient diabétique d’évaluer ses propres risques. Cela doit absolument se faire 8 à 6 semaines avant le mois de Ramadhan. 

Le médecin traitant se basera sur un nombre de critères pour autoriser son patient à jeûner sous certaines conditions de surveillance, de modification de l’hygiène de vie et d’adaptation des doses et horaires des prises des médicaments.

Les critères d’évaluation de la capacité à jeûner dépendent :

1. Des conditions relatives au mois du jeûne :

a. Le nombre d’heure de jeun au cours de la journée

b. La saison 

c. Les changements de mode de vie

Ainsi pour cette année le jeûne sera au printemps, climat plutôt doux et durera entre 14 à 15,5 heures. 

2. Des conditions relatives au diabète :

a. Le type de diabète

b. L’ancienneté du diabète

c. Les complications du diabète

d. Le traitement du diabète

e. L’équilibre du diabète

f. La prédisposition à l'hypoglycémie

Avoir un diabète de type 1 ou un diabète de type 2 mal équilibré, ancien, avec complications, traité par l’insuline et à risque d’hypoglycémie sont des conditions de risques majeurs qui devraient dissuader le patient et l’inciter à ne pas prendre le risque de jeûner.

3. Des conditions relatives au patient 

a. L’âge (le danger est augmenté chez les adolescent et les personnes âgées)

b. La profession (certaines professions sont très contraignantes, nécessitant plus d’effort)

c. La nature et l’horaire de la pratique de l’activité physique

d. Les habitudes alimentaires

Le risque de contre-indication du jeûne est plus grave chez les personnes âgées soumises à un effort intense et ayant une alimentation déséquilibrée.

Il est très important de retenir qu’il existe une double contre-indication au jeun qui est la grossesse ou l’allaitement chez la femme diabétique.

 

Il est possible de classer les patients diabétiques selon que leur risque est bas, modéré ou sévère.

Nous vous proposons un quiz interactif pour évaluer votre risque, testez-le, avant de prendre la décision de jeûner. Le résultat calculé pourra vous orienter mais ne remplace en aucun cas l’avis et les conseils de votre médecin traitant.

*AD = Acidocétose diabétique – 

*CHHNC = Coma hyperglycémique hyperosmolaire non cétosique – 

*DFG = Débit de filtration glomérulaire 

Interprétation 

De 0 à 3 : risque faible : après approbation de votre médecin, vous pouvez jeûner à condition de suivre scrupuleusement les recommandations du médecin et de la nutritionniste.

De 4 à 6 : risque modéré : c’est au médecin de décider de la probabilité de jeûner. Dans l’affirmatif, les contrôles seront beaucoup plus stricts que d’habitude.

Supérieur à 6 : risque élevé : le jeûne est interdit. La visite du médecin est impérative pour vous aider à limiter les complications et à corriger le déséquilibre glycémique.

 

Quel que soit le résultat de votre test vous devez consulter votre médecin. 

 

Dans le cas où vous décidez de jeûner, le médecin vous aidera à comprendre les points suivants :   

    • Le rôle de autocontrôles glycémiques

    • Quand rompre le jeûne

    • Quand faire de l'exercice

    • Planification des repas 

    • Ajustements des médicaments pendant le jeûne

Il est impératif de respecter les recommandations et le plan de traitement prescrit par le médecin : 

    • Se conformer à l’ajustement des doses et des horaires de médicaments en fonction des heures de jeûne

    • Respecter les conseils alimentaires en quantité et qualité

    • Bien s’hydrater en buvant suffisamment de liquides surtout au cours de la soirée 

    • Suivre une activité physique régulière aux heures précisées par le médecin

    • Respecter les heures de sommeil

    • Contrôler la glycémie plusieurs fois par jour, en particulier les premiers jours de jeûne, ainsi qu'à chaque fois que vous ressentez les signes de l’hypoglycémie.

    • Consulter votre médecin plusieurs fois pendant le Ramadan pour faire les ajustements nécessaires à votre traitement.

Un point important à retenir : il est absolument obligatoire voire même vital de rompre le jeûne en cas de :

Un point important à retenir : il est absolument obligatoire voire même vital de rompre le jeûne en cas de :

        • Glycémie inférieure à 0,7 g/l (3,9 mmol/l)

        • Glycémie supérieure à 3 g/l (16,6 mmol/l)

        • De survenu de symptômes d'hypoglycémie ou de maladie aiguë 

 

Il est vivement conseillé de contrôler sa glycémie plusieurs fois dans la journée particulièrement à ces moments :

    1. Avant le Shour (juste avant l’aube)

    2. Matin

    3. Midi

    4. En milieu d'après-midi

    5. Avant le iftar (juste avant la rupture du jeûne)

    6. 2 heures après l'iftar (la rupture du jeûne)

    7. À tout moment où il y a des symptômes d'hypoglycémie/hyperglycémie ou tout autre signe de maladie 

Ces quelques conseils alimentaires sont importants pour favoriser l’équilibre glycémique :

    1. Prévoir en plus de l’iftar et du Shour une collation en soirée

    2. Retarder le Shour le plus tardivement possible

    3. Boire une bonne quantité d’eau et de boissons non sucrées entre la rupture du jeûne et le Shour.

    4. Ne pas boire du thé ou café au Shour pour éviter la déshydratation (ces boissons sont diurétiques)

    5. Ne pas consommer des sucreries au cours du Shour pour ne pas avoir faim au cours de la journée et éviter les maux de tête et la soif.

    6. A la rupture du jeûne, mangez lentement et en petite quantité. Choisissez des aliments riches en fibres (légumes, céréales complètes), laissez les fruits pour la soirée. Minimiser au maximum les fritures et les matières grasses cuites.

    7. Réduire autant que possible la quantité de sel dans les aliments et évitez les aliments salés.

    8. Au cours du Shour, veiller à consommer des produits laitiers (yaourt, fromage blanc non salé, Leben, Raïeb et lait)

En plus des conseils alimentaires, il faut :

    1. Reporter l'exercice après l’iftar pour éviter l’hypoglycémie.

    2. Ne pas dormir dans les dernières heures de jeûne pour éviter de ne pas ressentir les signes d’une éventuelle hypoglycémie.