Diabète de type 1

C’est le plus souvent le diabète de la personne jeune (enfant, adolescent et jeune adulte). Comme c’est une maladie chronique, les diabétiques de type 1 vont vieillir et c’est ainsi qu’il existe des diabétiques de type 1 âgées.

Attention :ne pas confondre avec les personnes âgées diabétiques de type 2 insulinées en raison de l’état « d’insulino-réquérance ».

La personne qui vit avec un diabète de type 1 a besoin d’injections quotidiennes d’insuline pour vivre mais aussi pour réguler la glycémie au moment des repas et en cas de maladies intercurrentes.

 

Le diabète type 1 représente 10% de l’ensemble des diabètes. On l’appelait aussi diabète insulino-dépendant. Il se caractérise par l’absence totale de production d’insuline. 

 

Les causes

Les causes ne sont pas suffisamment connues. La glycémie est régulée grâce à plusieurs mécanismes mais l’altération de cette régulation est principalement due à la destruction des cellules bêta du pancréas. Le pancréas est un organe qui a beaucoup d’importance. Il secrète 2 hormones intervenant dans la régulation glycémique : l’insuline (par cellules bêta) qui abaisse le taux de glucose et le glucagon (par cellules alpha) qui élève le glucose dans le sang. Cette destruction est par le système immunitaire. La destruction débute bien avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie. Il y a des facteurs génétiques et d’environnement qui prédisposent au développement de type 1. Le diabète de type 1 est considéré comme une maladie auto-immune. C’est une maladie chronique irréversible.

 

Le diagnostic du diabète de type 1

Le diagnostic est établi à partir du dosage sanguin du glucose, généralement réalisé deux fois[1].

Glycémie à jeun

Glycémie 2 heures après avoir bu un liquide contenant 75 g de glucose
(hyperglycémie provoquée par voie orale)

Glycémie à tout moment de la journée

Supérieure ou égale à 1,26 g/l (7 mmol/l)

Supérieure ou égale à 2 g/l (11,1 mml/l)

Supérieure ou égale à 2 g/l (11,1 mml/l) en plus des symptômes classiques du diabète

 

Les symptômes classiques sont : soif excessive, troubles de la vision, envie fréquente d’uriner, baisse soudaine de vitalité et fatigue extrême, ainsi qu’une perte de poids soudaine et inexpliquée. Ces signes peuvent rester très longtemps imperceptibles, la découverte est très souvent fortuite, souvent à l’occasion d’une décompensation acidosique ou de facteurs déclenchants telle qu’une grippe.

 

Ce qui est bon à savoir

Si vous êtes parents d’enfants diabétiques, vous ne devez pas culpabiliser car les antécédents familiaux sont rarement évoqués dans le cas du diabète de type 1 contrairement au diabète de type 2.

Contrairement à l’idée générale, le diabète de type 1 n’est pas plus dangereux que le diabète de type 2. Ce n’est parce qu’il est traité aux injections qu’il est plus grave.

Sur le plan des complications à long terme, elles sont plus fréquentes chez les diabétiques de type 2 en raison des facteurs de risque associés. Tandis que les complications à court terme, particulièrement les hypoglycémies, sont plus fréquentes chez le diabétique de type 1.

Sur le plan alimentaire, les conseils sont plus souples pour deux raisons :   

        1. Le diabétique de type 1 a rarement des problèmes de surcharge pondérale à gérer. 

        2. L’insuline permet une meilleure tolérance et une meilleure gestion des apports glucidiques.

La seule contrainte alimentaire est celle du respect d’une répartition iso glucidique entre les repas pour éviter des pics postprandiaux trop élevés.

D’autre part il faut tenir compte de l’apport lipidique et protidique dans le calcul des doses d’insuline prandiales à injecter. En effet, une surcharge lipidique et/ou protidique du repas augmente le besoin insulinique. Parlez-en à votre médecin pour mieux gérer votre quotidien surtout les jours de fêtes où certains abus alimentaires s’imposent !!

En cas de troubles digestifs, empêchant une prise alimentaire suffisante, ne jamais arrêter l’insuline basale (elle est vitale). Pour les doses prandiales, les ajuster en fonction des apports alimentaires et des glycémies.

Les objectifs glycémiques à fixer avec votre médecin sont généralement les suivants[2]:

Objectifs glycémiques idéaux chez les diabétiques de type 1 non âgés

 

Le matin à jeun

Avant les repas

2 heures après les repas

Au coucher

À 3 heures du matin

HbA1c

Hypoglycémies modérées

Hypoglycémies « sévères »

Nombre d’autocontrôles

Nombre d’injections

1-1,20 g/L

0,8-1,2 g/L

1,2-1,8 g/L

environ 1,2 g/L

> 0,8 g/L

< 7 %

0-5 / semaine

0

3-6 / jour

3-5 ou pompe

 

Votre médecin vous apprendra comme ajuster les doses d’insuline pour éviter aussi bien les hypo que les hyperglycémies. De même il vous apprendra l’ajustement en cas de maladie.

L’objectif de l’HbA1c est à discuter surtout chez les enfants et les personnes âgées pour diminuer le risque des hypoglycémies.

Quel que soit l’âge du diabétique type 1, l’auto-surveillance est indispensable.

Les buts de l’auto-surveillance de la glycémie sont :

  • de suivre son diabète ;
  • d’adapter ses doses ;
  • d’avoir une idée de l’équilibre moyen ;
  • de gérer les situations d’urgence.

Votre médecin vous indiquera le nombre et les moments de contrôle (en moyenne 4 fois par jour (préprandial et coucher) et de temps en temps à 3 heures du matin et en postprandial).

Le carnet de suivi doit nécessairement être bien rempli. N’hésitez pas à y consigner les moindres détails, cela permettra à votre médecin de mieux cerner et gérer votre diabète et vous procurer une meilleure qualité de vie.

La place de l’auto-surveillance urinaire est faible : acétonurie matinale en cas d’hyperglycémie, de troubles digestifs, ou de maladie intercurrente. À noter qu’il est actuellement possible de mesurer les corps cétoniques sur le sang capillaire avec certains appareils.


Références :

[1] Punthakee Z, Goldenberg R and Katz P. Diabetes Canada 2018 Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Management of Diabetes in Canada: Definition, Classification and Diagnosis of Diabetes, Prediabetes and Metabolic Syndrome. Can J Diabetes 2018; 42 (Suppl 1): S10-S15.

[2] http://www.sfendocrino.org/article/392/item-233-a-ndash-diabete-sucre-de-type-1