La neurophathie diabétique

C’est l’atteinte des nerfs qui reste très longtemps silencieuse.

Elle est due à l’hyperglycémie.

L’altération peut être fonctionnelle ou structurelle. Elle touche les nerfs périphériques, qui commandent les muscles et la peau, et les nerfs du système nerveux, qui commandent le fonctionnement des viscères. Ceci expliques la diversité des symptômes.

Symptômes

Les symptômes peuvent se traduire par des troubles, accompagnés ou non de douleurs diverses au niveau :

• des membres inférieurs (pieds, jambes,...).

• de l'appareil digestif (diarrhée, constipation,...)  

• du système urinaire (mauvais contrôle de la vessie et de la miction)

• du rythme cardiaque et de la pression artérielle, avec des sensations de vertige au lever par chute de la tension artérielle (hypotension orthostatique)

• de l'activité sexuelle (trouble de l'érection, impuissance,...) 

• la perturbation de la sensibilité à la douleur (dans les deux sens intensification de la sensibilité ou au contraire perte de la sensibilité)

les nerfs

Une étude tunisienne, réalisée en 2015[1], a montré que 91,4 % des diabétiques de l’étude, qui souffraient de neuropathie diabétique (ND) avaient un diabète mal équilibré. La ND à type de polynévrite des membres inférieurs était retrouvée chez 97,1% des patients, se manifestant par des paresthésies (fourmillement) et /ou dysesthésies[2] (82,3%), aréflexie tendineuse (26,4%), troubles de la sensibilité superficielle (20,5%) et douleurs (11 %). Une neuropathie végétative était présente dans 31,4 % des cas. Elle était sous forme de neuropathie digestive (14.3%), impuissance sexuelle (8.5%), vessie neurogène (5.7%) et hypotension orthostatique (2,8 %). 

Traitements et prévention

Le patient diabétique ne doit pas prendre à la légère le moindre signe ressenti ni aucun déficit sensitif. Il doit en aviser immédiatement son médecin, même si le trouble semble disparaitre avec le temps. 

Le meilleur moyen de prévenir ces complications neuropathiques est l'équilibre glycémique

Si la complication s’est déjà installée, cet équilibre permettra de la stabiliser et parfois la corriger. 

Attention la perte sensitive est capable de ne plus permettre au diabétique de sentir les signes de l’hypoglycémie donc ne plus la reconnaître et ne plus agir rapidement pour la corriger !!! De même la perturbation de la sensibilité à la douleur peut entraîner des accidents graves : le patient ne ressentant plus la douleur peut, par mégarde, laisser sa main ou son pied en contact avec une surface ou un liquide brûlant sans la retirer, ce qui provoquera des brûlures graves. Parfois il ne prend conscience de ce qui lui arrive que par l’odeur de la chaire brûlée. 


Références:

[1] https://www.congres-sfe.com/2015/eposter!fr!!!!140d1ba8-3fe9-1033-a713-1ad2d3a7cc08

[2] La dysesthésie est une diminution ou une exagération de la sensibilité. Dans ce dernier cas, elle peut se manifester par des sensations de douleurs, d'engourdissement, picotements ou de brûlures et être en rapport avec une lésion de la moelle épinière