Les complications rénales du diabète

Dans une étude tunisienne, réalisée dans la région de Monastir, la prévalence de la néphropathie était de 45% [1].

La néphropathie diabétique représente 16 à 20%[2] des étiologies des insuffisances rénales chroniques (IRC) traitées par épuration extra-rénale en Tunisie et 21,5 % des IRC terminale[3] .

L’hyperglycémie altère le fonctionnement des petits vaisseaux sanguins et le fonctionnement du rein. L’altération touche le néphron et perturbe la filtration.  On parle de "néphropathie diabétique". Cette atteinte risque d’engendrer une insuffisance rénale chronique nécessitant, à un stade avancé l’épuration extra-rénale : la dialyse.

C’est une atteinte doublement grave car elle est premièrement silencieuse, sans dépistage systématique, n’est révélée qu’au stade avancé, 

les reins

deuxièmement, elle augmente le risque des complications cardiovasculaires. Le dépistage et le contrôle régulier sont indispensables. 

Le rôle principal du rein est de filtrer le sang pour éliminer les déchets à travers l’urine. En dehors de troubles glycémiques, il n’y a pas de « sucre » dans l’urine ; L’hyperglycémie oblige le corps à éliminer l’excès de « sucre » dans l’urine. Cela ne peut se faire qu’en altérant le néphron (l’unité principale du rein). Cette altération s’aggrave progressivement ne permettant plus au rein d’éliminer correctement les déchets ce qui va encrasser le sang et entraîner de graves complications.

 

La prévention

Les mesures de prévention et de protection doivent être prises suffisamment tôt. Il s’agit :

• De contrôler l’hyperglycémie et l’hypertension artérielle. 

• D’équilibrer l’alimentation

• De limiter le sel aux taux de prévention (5 à 6 g/j)

• De pratiquer une activité physique adaptée et régulière et de diminuer la sédentarité

• D’arrêter de fumer

• De lutter contre les facteurs de risques cardiovasculaires tels que l’obésité ou la sédentarité. 

• D’atteindre l'objectif de l'hémoglobine glyquée (Hb1Ac) 

Le médecin traitant peut vous prescrire des traitements « néphroprotecteurs » pour limiter et retarder l'évolution de la maladie.

Chez une personne diabétique, un bilan rénal est recommandé au-moins une fois par an, en parallèle avec un contrôle de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) tous les trois mois.


Références:

[1] International A. Koubâa & al. La néphropathie diabétique en première ligne : Epidémiologie et facteurs de risque. Revue Tunisienne de Santé Publique - Numéro 4.  93.95.84.5/revue_sante_pub/index.php?id_page=64  

[2] C. Bouzid, H. Smida, A. Kacem, Z. Turki, L. Ben Salem, C. Ben Rayana, C. Ben Slama. L’insuffisance rénale chez des diabétiques de type 2 Tunisiens hospitalisés : fréquence et facteurs associés. LA TUNISIE MEDICALE - 2011 ; Vol 89 (n°01) : 10 – 15. https://www.latunisiemedicale.com/article-medicale-tunisie_1502_fr

[3] Chaabouni Y, Yaich S, Khedhiri A, et al. Profil épidémiologique de l’insuffisance rénale chronique terminale dans la région de Sfax [Epidemiological profile of terminal chronic renal failure in the region of Sfax]. Pan Afr Med J. 2018;29:64. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5987075/