Répercussions du diabète sur la sexualité

Les diabétiques homme et femme, peuvent souffrir des conséquences du diabète sur leur sexualité. 

Chez la femme diabétique, on trouve le plus souvent des problèmes d'infections par des champignons (mycoses) et de sécheresse vaginale, rendant les rapports difficiles et douloureux. Chez l'homme ce sont surtout des troubles de l'érection et de l'éjaculation. L’incidence de la dysfonction érectile (DE) dans la population générale varie de 11 à 39 %. Elle est de l’ordre de 30 à 71 % chez le diabétique et supérieure à 65 % après 40 ans. Les patients sont souvent trop gênés pour aborder la discussion sur ce sujet, si le médecin ne l’aborde pas[1], ce qui aboutit à un sous-diagnostic considérable,.

Il est bien admis que la dysfonction érectile est favorisée par les mêmes facteurs que ceux conduisant à la maladie cardio-vasculaire : hyperglycémie, hypertension artérielle, tabagisme, sédentarité et alimentation non équilibrée. Chez le diabétique, la DE peut associer une neuropathie autonome.

Une étude tunisienne, qui a inclus une population de diabétique sexuellement active, a trouvé une prévalence de 50,7 % de DE[2]. L’analyse univariée a permis d’identifier des facteurs de risque statistiquement significatifs de la DE à savoir l’âge, l’hypertension artérielle, l’ancienneté du diabète et la présence micro et macroangiopathies.

Moins visibles et plus insidieuses que celles des sujets masculins, les dysfonctions sexuelles des femmes diabétiques ont été peu étudiées, notamment dans le contexte socioculturel maghrébin. 

diabètes et sexualité

Dans une étude auprès des femmes tunisiennes diabétiques de type 2, les auteurs ont trouvé une dysfonction sexuelle (DS) dans 84 % des cas. L’étude analytique a montré que chez les femmes diabétiques la DS était corrélée négativement à l’âge et à l’ancienneté du diabète[3].

 

Prévention 

Pour vivre une sexualité normale au même titre que les non-diabétiques il faut éviter les facteurs de risque et aviser votre médecin dès l’apparition de la moindre anomalie. La prévention passe par :

• L’équilibre de la glycémie

• L’équilibre alimentaire

• L’activité physique adaptée et régulière

• La réduction du poids en cas de surcharge et d’obésité

• L’arrêt du tabac

• La réduction ou mieux l’éviction de l’alcool

• La protection efficace contre les risques d’infection et de maladies sexuellement transmissibles.

 

Les Mycoses

La mycose vaginale, ou candidose vaginale, est la colonisation du vagin par des champignons microscopiques de l’espèce Candida Albicans. Cette affection est très fréquente puisque 75% des femmes développent un jour ou l’autre une mycose vaginale, et que 40-50% des femmes ont au moins 2-3 épisodes de vaginite au cours de leur vie. Diverses circonstances peuvent provoquer leur multiplication et l’apparition d’une candidose vaginale dont le diabète, ces champignons étant friant de « sucre »[4]. 

Une étude tunisienne, datant de 2004, avait montré la présence de lésions cliniquement suspectes de mycose chez 61 % des diabétiques examinés, mais elle n’a été confirmée par l’examen direct et/ou la culture que dans 30 % des cas. La mycose était corrélée positivement avec l’âge des patients et avec l’ancienneté du diabète. Le pied était la principale localisation (38 %). La candidose génitale était retrouvée chez 4,8% des femmes diabétiques et était favorisée par le surpoids[5].

 

La prévention 

Pour éviter les mycoses vaginales ou leur récidive, un certain nombre de précautions sont à connaître :

• Bien équilibrer le diabète.

• Eviter les endroits chauds et humides (piscines, jacuzzi).

• Préférer les douches aux bains, sécher soigneusement la région vulvaire.

• Laver les sous-vêtements à 70°C au moins.

• Eviter les vêtements serrés, synthétiques, les déodorants, les sprays, savons parfumés.

• Utiliser des savons peu décapants, éviter les gels douche.

Le médecin est le plus apte à traiter les mycoses et à aider à éviter les récidives.

 


Références:

[1] Droupy S (2005) Epidémiologie et physiopathologie de la dysfonction érectile. Ann Urol 39:71–84

[2] W. Zakhama · A. Chaabouni · S. Rzouga · N. Chaieb · A. Majdoub · M.-Y. Binous · M. Fodha. Dysfonction érectile et diabète : fréquence et profil clinique à partir de 200 observations. Andrologie (2012) 22:96-101. https://link.springer.com/content/pdf/10.1007/s12610-012-0170-7.pdf

[3] M. Trifi & al. Évaluation de la fonction sexuelle des femmes ayant un diabète de type 2 : étude cas-témoins. SEXOLOGIES Vol 25 - N° 2 P. 78-84 – 2016. https://www.em-consulte.com/article/1055930 

[4] http://www.dr-safia-taieb.tn/article/mycose-vaginale/

[5] R Bouguerra, O Essaïs, N Sebaï, L Ben Salem, H Amari, M.R Kammoun, E Chaker, B Zidi, C Ben Slama, Prévalence et aspects cliniques des mycoses superficielles chez le diabétique tunisien en milieu hospitalier, Médecine et Maladies Infectieuses, Volume 34, Issue 5, 2004, P. 201-205, https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0399077X04000988