Le diabète, c'est quoi ?

De quoi s'agit-il ?

Le diabète est une maladie chronique qui peut se contrôler et dans certains cas se prévenir. Le diabète est évolutif et le traitement doit être réévalué régulièrement dans toutes ses composantes : diététique, médicamenteuse et éducationnelles.

Le diabète est personnalisé, chaque cas est un cas particulier pour lequel le projet de vie doit être établi entre le patient et l’équipe soignante en tenant compte de toutes ses spécificités personnelles.

 

Il se développe lorsque le taux de glucose (sucre) dans le sang augmente parce que l’organisme ne parvient pas à produire suffisamment d’insuline (la seule hormone du corps qui a la capacité de baisser le sucre dans le sang) ou à l’utiliser de manière efficace ou les deux à la fois.

L’insuline est une hormone essentielle produite par le pancréas. Elle agit en permettant au glucose de pénétrer dans les cellules pour être utilisé comme source d’énergie. Elle agit aussi sur d’autres métabolismes, tel que celui des lipides en favorisant le stockage des graisses dans les adipocytes (favorise donc la surcharge pondérale et l’obésité surtout abdominale).

 

Que s’est-il passé ?

Le manque d’insuline ou l’incapacité des cellules à y répondre se traduit par des niveaux élevés de glucose dans le sang (hyperglycémie), qui caractérisent le diabète.

Si elle demeure non contrôlée de façon prolongée, l’hyperglycémie peut provoquer des lésions au niveau de divers organes. En revanche, une gestion appropriée du diabète permet de retarder ou de prévenir ces complications.

Les cellules qui n'obtiennent pas de glucose sont privées du carburant dont elles ont besoin pour fonctionner correctement et vont avoir recours à un autre carburant (corps cétoniques) de moins bonne qualité qui est souvent responsable de complications.

 

Qu’observe-t-on ?

Le problème du diabète est qu’il peut rester très longtemps silencieux sans signes. En 2016, l’étude nationale réalisée par l’Institut de Santé Publique a montré que dans la population des tunisiens de 15 ans et plus, seuls 51,8 % des hommes et 55,9 % des femmes diagnostiqués diabétiques, connaissaient leur maladie. Le reste, soit 46,2% de la population diabétique ne l’a découvert que lors de l’enquête. Cela montre que la moitié des diabétiques n’observent pas des signes d’alarme ou du moins ils n’établissent pas de relations entre les signes observés et le diabète.

En général les signes évocateurs peuvent être différents selon le type de diabète. Il est généralement admis qu’il existe trois grands types de diabète :

  • le diabète de Type 1,
  • le diabète de Type 2
  • le diabète gestationnel (DG)

Sans oublier qu’avant l’installation du diabète de type 2, il y a une altération du métabolisme glucidique appelée intolérance au glucose ou prédiabète. A ce niveau l’altération est réversible grâce une bonne prise en charge axée sur l’alimentation équilibrée et l’activité physique régulière et adaptée. La perte de poids (7 à 10% de l’excès en 6 mois améliore la glycémie et le bilan lipidique)

 

Dans le cas du diabète de type 1, il y a une fatigue intense et chronique, perte de poids non justifiée d’autant plus qu’elle est accompagnée d’un apport alimentaire normal ou excessif avec un besoin de boire et d’uriner plus que d’habitude.

Dans le cas d’un diabète de type 2, on observe une soif persistante avec un besoin fréquent d’uriner, une légère fatigue avec une vision trouble. Beaucoup de femmes atteintes de cette affection ont des infections à levures vaginales répétées. Certaines personnes peuvent ressentir des picotements des mains ou des pieds ou constater que leurs plaies et blessures guérissent lentement.

Dans le diabète gestationnel : Généralement, la femme enceinte n’a pas de symptômes évidents de diabète. Il arrive qu’elle ressente une fatigue inhabituelle, une soif exagérée et une augmentation du volume des urines (qui sont des signes retrouvés aussi chez les femmes enceintes en général). Ce sont les analyses biologiques qui révèlent le diabète gestationnel.

 

Quand parle-t-on de diabète ?

Le diabète est défini par une glycémie (le taux de sucre dans le sang) à jeun supérieure à 1,26 g/L à 2 reprises, mais peut être également diagnostiqué si la glycémie est supérieure à 2 g/L :

  • à n’importe quel moment de la journée en présence de symptômes comme la soif ou l’envie fréquente d’uriner
  • ou 2 heures après une prise orale d’une boisson à 75 g de glucose (l’équivalent de 15 morceaux de sucre).

Si les valeurs diagnostiques sont différentes suivant que la personne est à jeun ou non, c’est parce que la glycémie augmente physiologiquement après une prise alimentaire.

 

Comment la glycémie (taux de sucre dans le sang) est-elle régulée ?

Chez l’individu qui n’a pas de troubles glycémiques, lorsque la glycémie est élevée, les cellules bêta du pancréas libèrent de l’insuline, hormone hypoglycémiante, qui stimule l’absorption du glucose par les cellules et la formation de glycogène dans le foie, entraînant une baisse de la glycémie. L’excès de glucose est stocké au niveau du tissu adipeux sous forme de lipide (triglycérides).

Lorsque la glycémie est faible, les cellules alpha du pancréas libèrent du glucagon, hormone hyperglycémiante, qui provoque la dégradation du glycogène en glucose ainsi que la libération de ce dernier et, par le fait même élève la glycémie.