Traitement par injection en cas de Diabète type 2

Il y a deux types de traitement par injection qui peuvent être prescrits au patient diabétique de type 2 : l’insuline et l’analogue GPL-1.

traitement insuline
Le traitement par l’insuline

Les craintes

Passer à l’insuline pour un diabétique de type 2 peut lui sembler une aggravation de son cas. Il ressent souvent une culpabilité comme s’il était responsable de cette évolution pourtant tout à fait attendue du diabète. Ce passage à l’insuline est en général dû à un épuisement progressif du pancréas à fabriquer de l’insuline.

Très souvent craint, le traitement insulinique est pourtant une manière simple d’équilibrer le diabète. Il est important d’éduquer le patient, bien lui expliquer la nécessité de cette insulinothérapie, ses risques mais surtout ses avantages.

Le patient a peur des injections, il craint la douleur. Avec le temps et surtout l’utilisation des stylos auto-injecteurs, il va rapidement s’habituer et oublier sa phobie.

Au départ, la gestion du traitement insulinique peut se révéler difficile, d’où l’intérêt d’être secondé au début par l’infirmier ou mieux d’assister à des ateliers où le patient apprendra à s’auto-injecter. L’équipe soignante doit redonner au diabétique confiance en lui-même et lui permettre de se sentir responsable de son traitement. Il doit se sentir un acteur de sa prise en charge et non la subir. Ceci fait partie des objectifs de l’éducation thérapeutique du patient diabétique. 

Les risques

La majorité des diabétiques de type 2 qui passent à l’insuline pensent qu’il y a un risque accru d’hypoglycémie. Il faut comprendre que ce risque est gérable car il survient lorsque la dose d’insuline injectée n’est pas adaptée au besoin. Cette situation peut se manifester dans 3 cas :

- Erreur dans la dose injectée (cela est possible lors d’utilisation de seringue à insuline)

- Non prise du repas malgré l’injection de l’insuline 

- Activité physique intense, généralement imprévue

Le patient doit prévenir l’hypoglycémie en évitant ces trois situations mais il doit surtout apprendre à la corriger par un resucrage adapté et l’autocontrôle glycémique. 

Un des critères d’équilibre du diabète et de la bonne gestion du traitement est la faible fréquence de survenue des hypoglycémies à suivre grâce au bon remplissage du carnet de suivi.

Poids et Insuline

Le diabétique de type 2 est souvent en surcharge ou carrément obèse. Cette état aggrave l’insulinorésistance. Dès le diagnostic, il faut viser à atteindre un poids le plus proche de l’idéal. Au passage à l’insuline, on peut observer une prise de poids. L’insuline est une hormone anabolisante. Elle augmente la sensation de faim surtout postprandiale, obligeant le patient à grignoter. En plus, les patients diabétiques nouvellement mis sous insuline, anticipent très souvent l’hypoglycémie en prenant du sucre, des jus, de la confiture…cette prise fréquente de sucre et sucrerie est, avec le grignotage, une des causes de la prise de poids. Le meilleur moyen de contrecarrer cette situation est de pratiquer de l’activité physique régulière et adapter l’alimentation en jouant beaucoup sur le fractionnement des repas. 

Qualité de vie et Insuline

La qualité de vie des diabétiques de type 2 insulinés est souvent altérée, cependant une étude tunisienne a montré que la compréhension de la maladie diminue cette altération[1] , d’où l’intérêt de l’éducation thérapeutique et l’accompagnement des patients et leur aide dès la décision au passage à l’insuline.  

Schemas du traitement à l'Insuline

Seul le médecin traitant est apte à prescrire l’insulinothérapie et décider du schéma à adopter en fonction des objectifs glycémiques à atteindre et de l’état et particularité du patient.

L’insuline peut être prescrite tout en maintenant l’antidiabétique oral. 

Les doses d’insuline et le nombre d’injection peuvent s’intensifier si l’objectif glycémique n’est pas atteint. Le patient doit comprendre que l’ajout d’insuline rapide à l’insuline basale ne signifie pas l’aggravation de son état mais son objectif est de contrôler la glycémie après repas (soit le repas le plus hyperglycémiant soit les 3 repas pour mimer la sécrétion naturelle de l’insuline par le pancréas). Il existe un troisième schéma à base d’insulines mixtes dans un même stylo qui permet de réduire le nombre d’injection mais il est moins flexible nécessitant un suivi plus stricte pour minimiser les risques d’hypoglycémies et de prise de poids. 

Quel que soit le schéma prescrit, l’autocontrôle glycémique est indispensable ainsi que le dosage trimestriel de l’hémoglobine glyquée HbA1c. Ce sont les moins de suivi de l’équilibre glycémique qui vont orienter l’adaptation du traitement par le médecin.

Le traitement par analogues du GLP-1

Le deuxième traitement par injection du diabète type 2 est l’analogue du GLP1. 

Ces médicaments se prescrivent en injections sous-cutanées, comme l'insuline. Ils se prescrivent en complément des antidiabétiques oraux jugés insuffisamment efficaces à condition que le pancréas soit encore fonctionnel.

Les avantages :

- Ces médicaments entraînent une perte de poids (généralement prescrits chez les patients diabétiques obèses chez lesquels l’insulinothérapie pourrait aggraver le poids[2])

- Ils sont injectés toujours à la même dose.

- Ils donnent très rarement des hypoglycémies.

- Ne nécessitent pas la surveillance régulière de la glycémie.

Les inconvenients :

- Ils donnent des troubles digestifs type nausées ou vomissements, diarrhées et douleurs abdominales, en début de traitement qui s'estompent au fil du temps. Le fractionnement des repas en petites quantités, une mastication lente et un choix d’aliments plus digestes peuvent atténuer ces troubles. Attention, ces troubles peuvent parfois être la raison de l’arrêt du traitement par le patient. Les soignants doivent les évoquer avant la prescription et donner les conseils pour les prévenir ou les diminuer. Certains effets digestifs sont directement liés à l’un des mécanismes d’action de ces médicaments : le ralentissement de la vidange gastrique. 

- Les effets secondaires à long terme ne sont pas tous connus[3]. 

Les schemas therapeutiques

Le schéma thérapeutique est adapté par le médecin traitant selon les caractéristiques des molécules utilisées et selon les besoins et profil du patient.

 


Références:

[1] S. Hamdi, I. Kammoun, E. Fennira, H. Sfar, L. Ben Salem, C. Ben Slama, Étude de la qualité de vie des patients diabétiques déséquilibrés, Annales d'Endocrinologie, Volume 77, Issue 4, 2016, Page 512,

[2] ADLER AI et al. Newer agents for blood glucose control in type 2 diabetes: summary of NICE guidance. BMJ, 2009 ; 338 : b1668.

[3] Shyangdan DS., Royle P, Clar C, Sharma P, Waugh N, Snaith A. Glucagon-like peptide analogues for type 2 diabetes mellitus. Cochrane Database of Systematic Reviews 2013,[4]