Les liens entre le diabète et le sommeil

L’association entre syndrome d’apnée du sommeil (SAS) et diabète est très fréquente[1]. Il est cependant peu déclaré par les patients. Dans cette étude, 57,5 % des sujets étaient à haut risque. Ceux-ci comparés aux sujets à faible risque étaient plus obèses (IMC : 29,9kg/m2 vs 26kg/m2, p=0,02), présentaient une dyslipidémie (86,95 % vs 35,9 % p=0,001), une neuropathie périphérique (82,6 % vs 41,17 % p=0,002), un déséquilibre glycémique (9,06 vs 9,49, p>0,05) et étaient hypertendus (78,26 % vs 47 %, p=0,002). Les auteurs concluent que le syndrome d’apnée du sommeil chez le diabétique de type 2 correspond à un risque cardio-vasculaire additionnel. Ils conseillent de généraliser les questionnaires d’évaluation de la somnolence et de réaliser un bilan annuel chez tout diabétique pour confirmer le diagnostic de SAS.

Le traitement du SAS, dans le contexte de ces associations SAS-diabète, réduit significativement la morbi-mortalité cardiovasculaire. L’étude Tunisienne, réalisée en 2019[2], dans le but d’étudier l’effet de du traitement par pression positive continue (PPC) sur l’hémoglobine glyquée (HbA1c) chez les patients DT2 apnéiques, a montré que 80 % de ces diabétiques étaient déséquilibrés et qu’après 2 mois de traitement, il y avait une baisse significative de l’HbA1c de 1,1%.

La baisse de 1% de l’HbA1c, réduit globalement de 12% les complications du diabète, avec une réduction de :

• 25 % des complications micro vasculaires (œil, rein, nerf) 

• 16 % des infarctus du myocarde[3] 

Les études de restriction expérimentales de sommeil ont mis en évidence une dysrégulation    endocrinienne avec en particulier une insulinorésistance[4]. 

Le sommeil est vital pour l’organisme. Il est nécessaire pour une récupération à la fois physique, intellectuelle et psychologique. Un bon sommeil améliore la qualité de vie, contribue à la croissance (chez les nourrissons, enfants et adolescents) et la restauration anabolisante de l’organisme. Il est absolument essentiel pour le cerveau : le sommeil est nécessaire pour sa maturation, et le bon fonctionnement du système nerveux central. Les études les plus récentes suggèrent que le sommeil joue un rôle-clé dans l’établissement et la consolidation de la connectivité neuronale. Il intervient dans la régulation des fonctions métaboliques (glycémie, appétit...) ce qui explique son lien avec le diabète. Il stimule les défenses immunitaires[5].

« Il est établi que les gens qui dorment mal ou peu s’exposent davantage à des risques cardiovasculaires et métaboliques. Les personnes lève-tôt/couche-tôt encore appelées chronotypes matinaux ont une incidence du diabète diminuée par rapport aux personnes chronotypes vespéraux ou tardifs (lève-tard/couche-tard). Chez ces dernières le risque de diabète de type 2 est multipliée par 2,5. L’équilibre du diabète est moins bon à durée de sommeil égale si on a un chronotype vespéral.[6] »

Besoins de sommeil différents selon l’âge 

• Nouveau-nés âgés de 0 à 3 mois : de 14 et 17 heures par jour 

• Nourrissons âgés de 4 à 11 mois : de 12 et 15 heures par jour 

• Petits enfants âgés de 1 à 2 ans : de 11 et 14 heures par jour 

• Enfants d'âge préscolaire âgés de 3 à 5 ans : de 10 à 13 heures par jour 

• Enfants d'âge scolaire âgés de 6 à 13 ans : de 9 à 11 heures par jour 

• Adolescents âgés de 14 à 17 ans : de 8 à 10 heures par jour 

• Jeunes adultes âgés de 18 à 25 ans : de 7 à 9 heures par jour 

• Adultes d'âge moyen âgés de 26 à 64 ans : 7 à 9 heures par jour

• Seniors âgés de 65 ans et plus : 7 à 8 heures par jour

Comment améliorer la qualité du sommeil :

• Alimentation équilibrée avec 

o très peu de viande au dîner mais prise de lait au coucher car riche en tryptophane un acide aminé précurseur de l’hormone du sommeil : la mélatonine

o repas très digeste le soir (temps de vidange < à 2 heures)

o de temps en temps un petit carrée de chocolat noir en soirée

o boire des infusions le soir (camomille, tilleul…)

o éviter les graisses cuites au repas du soir

o ne se coucher qu’au moins 2 heures après le repas du soir

• activité physique adaptée en plein air au cours de la journée

• équilibre de la glycémie en évitant surtout les hypoglycémies nocturnes. Dans le cas où le risque existe, prévoir une collation nocturne (un laitage + féculent ou garder le fruit du dîner pour la soirée)

• réduction pondérale progressive si c’est nécessaire

• éviter l’alcool et le tabac

• ne pas utiliser les écrans des portables au moins 1 heure avant de se coucher


Références:

[1] S. Boukhris & al. Évaluation du risque du syndrome d’apnée hypopnée obstructive du sommeil au cours du diabète de type 2. MÉDECINE DU SOMMEIL Vol 16 - N° 1 P. 48 -2019. https://www.em-consulte.com/article/1276428/evaluation-du-risque-du-syndrome-d-apnee-hypopnee-

[2] H. Gharsalli & al.- Effet de la pression positive continue sur l’hémoglobine glyquée chez les patients diabétiques de type 2 apnéiques. LA TUNISIE MEDICALE - 2019 ; Vol 97 (12). http://latunisiemedicale.com/article-medicale-tunisie_3635_fr

[3] UKPDS Study Group Lancet 1998;352:837. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/9742976/

[4] Association qualité de sommeil et diabète de type 2 mal équilibré :à propos de 50 diabétiques tunisiens. https://www.congres-sfe.com/2017/eposters/3b0339de-9b80-11e7-a5f1-e8c2100b0703.pdf

[5] https://www.pileje.fr/revue-sante/sommeil-utilite

[6] https://www.diabete66.fr/et-si-le-sommeil-avait-un-effet-sur-votre-diabete/